12 avril 2009
VIENS-JE DE ME PERDRE?
Droit de réponse?
J'ai,
l'autre jour, laissé sur le blog de mon amie Coumarine un
commentaire qui a entraîné de sa part une réponse,
pour le moins... dubitative! Or, il se trouve que j'aime bien
Coumarine, ses textes, sa façon de voir les choses, sa
philosophie... (Ceci dit sans flagornerie, ni flatterie! Je ne suis
pas ''donneur de séné par désir de rhubarbe'')
Je serai for marri si je perdais son estime! Je vais tenter de me
justifier. Vous remarquerez que pour cela je retombe dans le sérieux.
Il faut savoir, dans certains cas, se faire violence.
Je
devais avoir sept où huit ans quand j'ai lu mon premier vrai
livre! ''Le Grand Cirque'' de P.Clostermann. Je disais, dans mon
commentaire, que ces pages m'avaient appris le sens des mots
''honneur, courage, amour de la France!''
Revenons
à cette époque. A huit ans j'avais compris ce qu'était
une guerre. Je savais que celle qui venait de finir avait fait des
millions de morts. Sur un enfant le mot million fait plus
d'impression que sur un adulte. Pourquoi tant de gens étaient-ils
mort?
Le
garçon de dix-neuf ans qui quittait une vie d'étudiant
paisible en Californie pour devenir pilote de chasse dans la R.A.F
allait, au travers des pages relatant son quotidien de combattant, me
l'expliquer!
Ce
n'était pas un aventurier avide de gloire où d'argent.
Simplement un jeune homme qui ne pouvait pas supporter de voir la
France humiliée! Chaque envol vers le combat était une
lutte contre la peur, un effort de volonté face à la
crainte de disparaître en une boule de feu! Honneur et courage!
Et chaque retour de mission il fallait se reconstruire, redevenir un
homme!
En
lisant ces phrases simples, écrites au fil des jours, sans
mots grandiloquents, j'ai su pourquoi mon père, officier de
marine, était mort dans les eaux glaciales de la mer du Nord.
J'ai su pourquoi ma mère, infirmière au maquis, était
restée auprès des résistants blessés,
avant d'être fusillée avec eux! Ce livre est celui que
conserve ma mémoire.
J'aurai
pu dire que j'avais lu ''Le dernier des Mohicans'' où
''Robinson Crusoë'' mais à Fennimore Cooper ou Daniel
Defoë je préfère Jack London où Mark Twain.
''Rocambole'' me plaît plus que ''Les liaisons dangereuses'' et
j'aime mieux José-Maria de Hérédia où
Alfred de Vigny que Rimbaud où Verlaine!
Je
viens peut-être de sombrer définitivement dans ton
esprit amie Coumarine. Si c'est le cas je le regretterais beaucoup
mais je continuerai à aller te rendre visite!
Enfin,
pour finir sur une note souriante, je dirai que je devais avoir
quatorze ans quand, dans la même semaine et avec le même
plaisir, j'ai lu ''Fortune Carrée'' de Kessel et ''Les
malheurs de Sophie'' de la célèbre Contesse de Ségur!
Commentaires
oups...ami Alain...
mais tu es haut placé dans mon estime, ne le savais-tu pas? ;-))
Je suis très très fort touchée par ces mots ici:
" En lisant ces phrases simples, écrites au fil des jours, sans mots grandiloquents, j'ai su pourquoi mon père, officier de marine, était mort dans les eaux glaciales de la mer du Nord. J'ai su pourquoi ma mère, infirmière au maquis, était restée auprès des résistants blessés, avant d'être fusillée avec eux! Ce livre est celui que conserve ma mémoire."
Tu livres quelque chose de toi, qui touche...
Je crois que ma réponse dubitative portait sur le NOMBRE de livres, TOUS LUS que contient ta bibliothèque...
Merci pour ce billet...
Je rejoins Courmarine pour dire que ta culture est immense, et que c'est un vrai bonheur de te lire.
Coumarine: Je suis heureux de conserver ton estime, c'est un peu mon bâton de Maréchal! Et j'y tiens beaucoup!
BBK: Je ne sais plus qui a dit: "Avec ce que je sais on pourrait écrire un livre, avec ce que j'ignore on remplirait une bibliothèque!" Pour la bibliothèque d'accord, pour le livre c'est pas sur!
touchant
ca fait longtemps que je te (vous?) lit sans laisser de commentaires. J'attends toujours avec impatience la proche histoire.
Je me souviens seulement qu'en lisant une des premieres histoires (enfant sympatisant avec les soldats et reactions de la grand-mere), je m'etais demande comment la guerre avait garde les parents.
Maintenant je sais. Merci. J'admire vraiment ton trace d'homme droit et ton ouverture au monde en general.
Sprite: "Tu" me vas très bien!
Je ne suis certainement pas le seul à avoir perdu mes parents durant la guerre mais grâce à ce livre j'ai compris très tôt pourquoi!
Merci d'être fidèle à mes petits récits.
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